Communiqués Lycées généraux et technologiques

  Grand oral : et dans l’académie de Lyon…

 

Le grand oral selon Jean-Michel Blanquer : « un bon moment pour les élèves », une organisation sans « couacs », dans la ligne de la « mécanique particulière » et habituelle du bac… Du côté des enseignant·es convoqué·es : pas le même son de cloche.

La CGT Educ’action avait pourtant alerté sur les conditions de cet examen (ici ou encore ici). Les syndicats CGT Educ’action de l’Ain, de la Loire et du Rhône, quant à eux, ont interrogé des collègues à la sortie de l’épreuve au moyen d’un sondage.
Pour certain·es, le bilan est sévère.

Equité des conditions d’examen : bof.

Jurys non spécialisés, évaluation sur la forme plus que sur le fond, conflits éthiques : aucun barème n’a été fourni à environ la moitié des répondant·es lors de la réunion d’entente : juste une grille indicative. Environ la moitié des juré·es interrogé·es estiment que la forme constituait l’essentiel de l’évaluation. Pour plus d’un tiers, la forme constituait d’ailleurs plus de 75% de la note (et le fond, moins de 25%). Dans plus de la moitié des cas, les jurys étaient composés d’au moins un·e collègue n’enseignant pas une des spécialités concernées par l’oral : collègues de sport, de LV2, profs doc…

→ Ils/elles ont testé pour vous...

La grille indicative de correction survalorise la forme au détriment du fond.

Aucune formation véritable et sérieuse pour préparer les professeurs de spé à préparer leurs élèves au Grand oral.

Le travail de l’oral doit être fait au long court tout au long de la scolarité si on veut espérer corriger/compenser les inégalités de capital culturel entre élèves mais pas dans le seul rush de l’année de terminale…

L’autre point choquant est la non uniformisation des jurys selon les lycées, à C*** des jurys avec deux profs potentiellement de spé donc les élèves pouvaient être interrogées sur leurs deux questions. A F*** quasiment que des jurys avec un seul prof de spé (et prof d’EPS pour beaucoup ou allemand/espagnol) donc les élèves ont préparé qu’une seule question. Grosse rupture d’équité.

Notre jury était composé de 2 profs de spé LLCE ! (car ces élèves ont spé Théâtre ou Arts Plastiques, pas de prof dispo apparemment ?) De plus, les élèves étaient au courant donc pas besoin de choisir quelle question ils devaient présenter...

Niveau très bas malgré la renommée du lycée, un festival d’esbroufe et de bluff, comment parler avec assurance et dédain (certain.e.s étaient vraiment hautains) de concepts approximatifs. La forme était souvent correcte mais sans aucun fond !!! Difficile d’accrocher à une présentation qui repose sur du vide et des énormités. […]. Je suis globalement pour le grand oral, mais cette année on a vraiment essuyé les plâtres...

Conditions de travail : "C’était l’usine"

Les conditions de travail décrites sont rudes et traduisent un profond mépris des person-nels comme des élèves, souvent évalué·es dans la précipitation : des personnes ont été convoquées moins de 4 jours ouvrés avant la réunion d’entente (et parfois moins d’1h avant le début de l’oral même !). Atteindre la chaise de juré·e a été un parcours du/de la combattant·e : environ la moitié des collègues a du faire plus de 45 min de route pour se rendre sur le lieu d’examen (parfois 1h15). En voiture, en train, en transports en commun urbains, en vélo, en moto, parfois à pied (deux personnes ont du faire plus de 20 min de marche).
La galère habituelle ? Non : pire. Quasi deux convocations sur trois prévoyaient moins de 45 min de pause pour déjeuner. Dans les faits, plusieurs collègues ont du se contenter d’un sandwich avalé sur le pouce, ou pas. Les candidat·es ont généralement défilé à un rythme de passage effréné : 2/3 des répondant·es devaient en faire passer plus de 8 le matin, selon leur convocation ; beaucoup n’ont pas réussi à tenir cette cadence. Plus de la moitié des juré·es interrogé·es a eu moins de 5 min de concertation entre chaque candidat·e (et certain·es n’ont eu aucun temps de concertation entre chaque candidat·e).

→ Ils/elles ont testé pour vous...

10 oraux en une matinée = impossible !!! 3 établissements et 4 binômes, quel sens cela a-t-il ?

Le problème est le peu de considération exprimée par des convocations tardives répétées successives et le nombre de candidats prévus par jury, les inégalités dans les convocations et l’accumulation des missions sur les mêmes enseignants.

Compliqué d’estimer la pause dej prévue par la DEC puisque pour la première fois, la convoc était par demi journée avec une heure de début mais pas de fin !
Pourquoi des convoc de demi journée et non journée ????? Le défraiement est peut-être pas le même…

J’étais convoquée pour ma part en jury [de filière technologique] avec 6 candidats par demi journée donc confortable mais les collègues de général devaient en faire passer 10 le matin. Un rythme intenable.

Pas convoquée, j’ai dit à ma direction que ça pouvait m’intéresser, on m’a dit d’écrire à la DEC, ce que je n’ai finalement pas fait. Lundi 21 juin, 8h46, une prov adjointe paniquée m’appelle et me prie de venir remplacer en jury de grand oral car je suis notée comme suppléante. J’ai accepté par intérêt (voir à quoi ça ressemble car pas eu de vraie formation, juste une en ligne que je n’ai pas eu le cœur de finir). J’y suis allée et c’était la cata […]. Je ne sais même pas si ma participation de lundi va être reconnue, vu que je n’ai pas de convoc !

Souffrance au travail : « la honte » « on ne comprend rien à ce que racontent les candidat·es puisqu’on n’enseigne pas la matière »

Dépossession du sens et du contenu des missions : c’est ce qu’ont expérimenté les personnels interrogés sur ce grand oral, pour lequel, que ce soit en général ou dans sa forme particulière actuelle, personne ne trouve de sens. Presque la moitié des interrogé·es estime n’avoir plutôt pas ou pas du tout disposé du temps nécessaire pour effectuer correctement son travail. Presque la moitié n’avoir plutôt pas ou pas du tout eu de temps de respiration suffisants. La moitié n’avoir plutôt pas ou pas du tout eu les moyens suffisants pour permettre un travail bien fait. La plupart des personnes interrogées ont le sentiment que leur travail n’est reconnue par personne. A un collègue convoqué comme suppléant mais n’ayant à suppléer personne, on a demandé de surveiller un couloir / s’occuper de la loge / effectuer d’autres missions que celles qui étaient inscrites sur sa convocation. Trois quart des répondant·es sont ressortis du grand oral avec le sentiment de ne pas être respecté·e (plutôt pas ou pas du tout).

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Évaluer ce qui n’est pas enseigné me fait honte

Prof Doc pas reconnue devant élèves pour toucher la prime informatique, mais reconnue pour évaluer 14 élèves par jour… en maths et SI disciplines pour lesquelles je ne possède aucune légitimité.

Je n’ai RIEN compris aux sujets traités et j’ai été dans une quasi incapacité à participer aux questions. Alors, oui, j’ai tenu le chrono et demandé aux élèves à la fin où ils en étaient de leur projet professionnel…

A mon avis les élèves ont très vite compris que je n’étais pas à ma place ce qui était terriblement gênant.

Notre sondage révèle des dysfonctionnements graves. Les syndicats CGT Educ’action de l’Ain, de la Loire et du Rhône ont interpellé le recteur sur les conditions de travail afin de faire respecter les droits des personnels. La CGT Educ’action dénonce la farce que constitue l’épreuve du grand oral et réclame l’abrogation de toutes les contre-réformes Blanquer.


Le tract (cliquer pour télécharger)