Fusion du remplacement dans le 1er degré : une commande ministérielle qui fragilise l’Educ Prio et les conditions de travail de toutes et tous !

Le 4 décembre 2025 a eu lieu un premier groupe de travail pour échanger et réfléchir à la réorganisation des postes de remplaçant.es sur le département.
La DSDEN applique une commande ministérielle visant à fusionner toutes les brigades de remplacement et à réduire les 32 zones actuelles à « seulement 3 ou 4 », entraînant ainsi la déspécialisation du remplacement. Les brigades REP+ deviendraient alors, comme les ZIL l’année dernière, des brigades départementales, venant ainsi fragiliser une éducation prioritaire déjà en manque cruelle de moyens.
Cette mesure est vendue par la hiérarchie (ministres, dasen…) comme une solution pour améliorer un taux de remplacement de plus en plus insuffisant ces dernières années. Plutôt que de créer des postes, le Ministère opte donc pour une flexibilité accrue de ces personnels.
La CGT Educ’action alerte sur plusieurs points :
La disparition des brigades REP+ fera courir le risque, à terme, de voir supprimées ou réduites à peau de chagrin les 18 demi-journées de formation et de concertation dédiées aux collègues exerçant en REP+. Ces temps étaient déjà difficiles à organiser et parfois non assurés malgré l’existence d’une brigade spécialisée (formations dédiées, stabilité des remplacements…).
L’expertise acquise par ces collègues et la stabilité des remplacements seront ainsi perdues, au profit d’une flexibilisation du remplacement, directement inspirée du New Public Management, déjà à l’œuvre depuis quelques années maintenant dans l’Education Nationale.
L’élargissement conséquent des zones de remplacement dégradera inévitablement les conditions de travail des enseignant.es remplaçant.es en allongeant les trajets professionnels (fatigue, trajets plus dangereux…), en les changeant plus régulièrement de circonscription, perdant ainsi l’expérience acquise dans les écoles où iels exerçaient habituellement (connaissance des équipes, des élèves, des lieux…)
Ces dégradations des conditions de travail entraîneront à coup sûr une mobilité excessive de ces personnels qui, dans les conditions de mutation actuelles, risque de devenir de plus en plus imposée que choisie.
Nous réaffirmons la nécessité de maintenir :
– Une brigade REP+ identifiée, stable et formée.
– Les temps de formation et de concertation indispensables au fonctionnement des équipes de REP+.
– Des zones de remplacement raisonnables, respectant les réalités géographiques et organisationnelles.
Nous revendiquons également la mise en place de brigade dédiée à la formation continue et à l’ASH.
Le prochain groupe de travail aura lieu au mois de janvier et devrait nous fournir des propositions concrètes d’organisation des postes de remplaçant.es. Nous serons attentif.ves à ce qu’elles ne dégradent pas nos conditions de travail, que l’on soit en Education Prioritaire ou non.

